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Le maître du shabbat

Jean-François Froger

Trouver ce livre chez buch7.de | eurobuch.com | buchhandel.de | books.google.com ASIN=2914338201, Category: Philosophy, Language: F, cover: HC, pages: 176, year: 2009.

Description de l'editeur:
La révélation biblique fait obligation aux membres du Peuple que Dieu veut se constituer de cesser tout travail le septième jour. C'est l'institution par Moïse du « shabbat », jour sacré où l'on doit « imiter Dieu » qui cessa son œuvre de création le septième jour. Le shabbat nous enseigne le rôle du temps, la nature du travail, le sens de l'interdit, mais bien plus encore ouvre l'intelligence sur la nature de Dieu et sur celle de l'Homme. Cet ouvrage est une réponse à la dénégation de la philosophie moderne de l'existence d'une « nature humaine ». [Voir variation du texte suivant sur la quatrième de couverture ci-dessous.] Il montre en outre que Jésus le Messie est réellement le « Maître du Shabbat », non pour le nier ou le négliger mais pour l'accomplir parfaitement. On peut lire cet ouvrage comme une participation au dialogue de Joseph Ratzinger, le Pape Benoît XVI, avec le rabbin Jacob Neusner rapporté dans « Jésus de Nazareth ».

Sous-tritre amovible
"Pour clore la querelle du shabatt ; réponse au Rabbin J. Neusner"

Table

* Introduction
* L'institution du Shabbat
* Fondements anthropologiques du shabbat
* Le shabbat est une source de connaissance
* La pratique du Shabbat
* La pratique du shabbat par Jésus
* La mutation du shabbat au Dies Domini
* La querelle du shabbat dans le « dialogue » du rabbin Neusner avec Jésus et le point de vue du cardinal Ratzinger
* Notion de quaternite et de logique quaternaire
* Bibliographie
* Index
Résumé
Le shabbat est le jour sacré du judaïsme, et est aussi le fondement du dimanche, jour sacré du christianisme, "dies Domini" qui devient "dies Christi".

Derniere partie de quatrième de couverture
Non seulement il existe une « nature » pour l'homme mais celle-ci postule la nécessité de la résurrection du corps. Le « corps ressuscité » est en effet un terme nécessaire de la structure relationnelle quaternaire constitutive de la nature corporelle humaine.

Jésus le Messie est réellement le « Maître du Shabbat », ni pour le violer ni même pour le négliger, parce qu'il l'accomplit parfaitement par sa résurrection.


The following is a draft transcript of lecture the author gave in French about the sense of the seventh day; it lastet 37 minutes and took place before he started to write the above book; as such it does not necessarily reflect the content of this book. It is published here for our friends only.

Affichage étendu

(Afficher page diminuée)

(Première version créée à Epiphanie 2009)

Transcrit d’une conférence, donnée par Jean-François Froger en français, le 03 décembre 2008. (Remarques par l’intervieweur entre parenthèses.)

En remerciant Elena pour les corrections!

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Le sens du septième jour

(Un cercle peut être divisé en six parties, en utilisant son rayon qui découpe sa circonférence en six.)???

Le cercle figure l’aspect cyclique de tous les phénomènes qui sont dans le monde et constituent le monde.

Alors pourquoi le shabbat?

Pourquoi le septième jour?

Ce septième jour, quand on lit la Genèse, le rédacteur n’a pas écrit qu’il y ait eu un soir ni un matin.

À chaque jour on dit, „il y eut un soir, il y eut un matin, premier jour”; „il y eut un soir, il y eut un matin, second jour”, etc., „il y eut un soir, il y eut un matin, sixième jour”.

Mais pour le septième jour, il n’y a pas de soir, ni de matin!

Alors c’est une façon subtile de dire que le septième jour n’est pas un jour.

Évidemment, dans la suite matérielle des jours, c’est la rotation de la terre, il va y avoir un septième jour, mais il va falloir le considérer comme un non-jour, comme quelque chose qui n’est pas un jour.

C’est pourquoi le 7e va être hors cycle?

- Oui, ce jour-là, d’après la Bible bien sûr, il y a le repos, le „shabbat”.

Mais le repos, ça veut aussi dire la cessation, le fait de s’arrêter, la fin de la création - et „Dieu se reposa le 7e jour”, il cessa la création.

On voit ensuite que le 7e jour est un interdit de travailler.

Ce n’est pas la permission de se reposer, c’est l’interdit de travailler.

Alors, pourquoi l’interdit de travailler?

- Et surtout dans une civilisation antique, où il n’y avait jamais de vacances, il n’y avait pas de congés, il n’y avait que des fêtes religieuses.

L’interdit de travailler signifie quelque chose d’extrêmement important, c’est que nous, pour travailler, nous sommes obligés d’instrumentaliser le corps, on utilise ses mains, son cerveau comme des outils.

Donc nous-mêmes, par notre volonté, on fait que notre vie est instrumentale.

Mais si on interdit le travail, ça veut dire qu’on doit considérer son propre corps comme autre chose qu’un instrument.

Alors qu’est ce que le corps, peut-être plus qu’un instrument, puisque pour nous, il est là, il nous sert effectivement, en mangeant, à se conserver, à avoir des activités, à fonder une famille, à se reproduire; en fait, le corps pour nous est quasiment complètement instrumental.

Le shabbat, avec l’interdit du travail qui est un interdit rituel, qui fait qu’un jour n’est pas un jour, ça veut dire qu’on ne doit pas y faire ce qu’on fait d’habitude.

Cela doit nous faire considérer le corps comme ordonné à autre chose qu’au cycle, qu’aux cycles temporels, parce que le temps est cyclique fondamentalement.

Comment mesurer le temps?

- En regardant la rotation de terre autour d’elle-même, avec le jour, ou autour du soleil avec l’année.

N’importe quoi comme horloge est une fonction cyclique.

On doit considérer le corps comme potentiellement en puissance quelque chose hors du temps, donc quelque chose qui n’est pas cyclique, et ça, ça n’est possible, que si on réalise la résurrection des morts, la résurrection de la chair.

C’est ce qui va être réalisé avec Jésus, dans le Nouveau Testament, où il y a Jésus qui ressuscite, et alors il est non-temporel - il n’est plus lié à l’espace-temps.

Il est à la fois corporel et non lié à l’espace-temps.

Or nous, ça dépasse notre imagination, puisque notre expérience c’est de voir le corps plongé dans les conditions de l’espace-temps.

La révélation là, a pour but de nous sortir de cette espèce d’évidence absolue que nous sommes un élément de l’espace-temps.

Donc, si la révélation (de la Bible, de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament) est vraie, ça signifie que l’homme jusqu’en sa corporéité n’est pas entièrement dépendant du monde matériel.

On est un être spirituel.

Le Nouveau Testament a un rapport extrêmement précis avec le shabbat; c’est que pour réaliser le fait que le corps ne travaille vraiment pas, ne soit vraiment pas instrumentalisé, il faut une condition vraiment exceptionnelle.

Il faudrait arrêter l’instrumentalisation du corps, et c’est impossible dans notre condition actuelle, parce qu’il faut bien respirer, il faut manger, bon, alors on va interdire de façon rituelle, avec une jurisprudence, c’est-à-dire, (ah???) le shabbat on ne va pas faire tant de pas, pas plus de temps de promenade que permis, ou on ne va pas allumer le feu, etc., donc toutes les règles qu’on trouve dans le Talmud.

Mais ça, c’est un essai de jurisprudence pour réaliser dans le temps, dans la fonction cyclique de temps, quelque chose qui n’est pas temporel et donc ça va paraître artificiel; on ne va pas travailler de gros travaux, mais on va quand même manger, on va quand même respirer, on va quand même penser, bon, donc on va quand même instrumentaliser son corps.

Donc, ça n’est que par une façon rituelle qu’on peut signifier la non-matérialité du corps et de l’être humain, sa spiritualité.

Le shabbat a pour but d’enseigner peu à peu aux gens qu’ils ne sont pas que de la matière plongée dans les cycles de ce monde, mais qu’ils sont aussi un esprit qui informe la matière.

Ce n’est pas délié; justement, c’est donc que le shabbat est une prophétie de la résurrection des corps.

C’est la source du sens profond du shabbat - et c’est pourquoi je parle du Nouveau Testament, parce qu’il n’y a que dans le Nouveau Testament qu’on voit une réalisation de la résurrection: c’est celle de Jésus.

Autrement dit, Jésus réalise complètement ce qu’est le shabbat.

Il l’avait annoncé, d’ailleurs; il a dit: „Je ne viens pas abolir la Thora, la loi, mais la réaliser parfaitement” - et pourtant les contemporains ont cru qu’il transgressait la loi du shabbat parce qu’il avait guéri des gens le jour du shabbat, oui, mais pour que le corps puisse ressusciter, il faut qu’il soit dans sa nature vraie et donc Jésus guérit les corps pour les rendre en quelque sorte ressuscitables, - ce n’est pas le corps malade qui est concerné par la résurrection, c’est le corps saint qui passe dans son statut spirituel, - comme la Vierge Marie, par exemple, dont on dit qu’elle n’est pas morte, mais qu’elle est passée directement dans un état ressuscité.

Ces deux exemples qui sont dans le Nouveau Testament et au début de l’histoire chrétienne (parce que dans le nouveau testament on ne voit pas la fonction de la Vierge Marie quant à la résurrection), ces deux exemples montrent la réalisation complète de ce que le shabbat signifie, à savoir l’interdit du travail.

Ce n’est pas simplement pour faire reposer les gens. Non, non, - c’est vraiment une vocation spirituelle.

Question: Et dans la précarité, s’il y a une épidémie, des récoltes [en danger]?

Alors, ça, c’est une vision qu’a eue Mélanie à la Salette, qui est un lieu d’apparition de la Vierge Marie, c’est un lieu qui n’est pas très loin d’ici, et la Vierge Marie dit à la petite (Mélanie), que si les moissons sont déficientes et que les pommes de terre pourrissent dans les champs, c’est un châtiment pour le fait que les gens ne respectent pas le dimanche!

Le dimanche est évidemment le shabbat reporté d’un jour.

- Pourquoi? Parce que le dimanche, en fait, est le jour de la résurrection de Jésus justement, et la résurrection de Jésus, c’est la réalisation du shabbat.

Alors, quand on réalise une chose, on la fête le lendemain de la réalisation.

Comme Jésus réalise parfaitement le shabbat, donc le samedi saint par sa mort, on va fêter sa résurrection le lendemain, le premier jour de la semaine, ce qui montre alors une nouvelle temporalité, parce qu’au lieu de rentrer dans une autre semaine, on va dire, c’est un „huitième jour”; bien sûr, la semaine c’est à sept jours, mais les Pères, les grands théologiens ont parlé d’un „huitième jour” qui est un huitième jour eschatologique, c.-à-d., où tout est réalisé.

Alors c’est ce que nous fêtons le dimanche; donc le dimanche c’est la réalisation du shabbat, mais ça n’abolit pas le contenu réel du shabbat, c.-à-d., que l’homme doit consacrer ce temps qui est cyclique pour sortir du temps, pour être vraiment dans sa dimension spirituelle, sa proportion proprement humaine en fait, parce que sinon, il est un animal perfectionné qui transforme le monde, mais les castors aussi transforment le monde, tous les animaux le font.

Simplement nous, alors, du coup, on entre en relation rituelle avec Dieu à travers les rituels de la messe ou de la prière.

Non seulement ça nous rappelle régulièrement à se souvenir de Dieu, mais il y a donc à faire attention que les rituels sont eux mêmes pris dans un renouvellement cyclique, puisqu’il y a un cycle religieux, bien sûr.

Tous les sept jours, ça finit par faire un cycle aussi, - ce n’est pas six, et donc pour briser l’illusion cyclique du rituel, on va faire une fête très spéciale, qui est la fête de Pentecôte, qui s’appelle la fête des semaines en hébreux shavouot???, ça veut dire qu’on prend sept semaines, donc une semaine de semaines, donc 7 fois 7, 49 jours, et après ces 49 jours on fait un shabbat des shabbats, donc la Pentecôte, le 50e jour, et là on fête, justement l’effusion de l’Esprit Saint qui vient habiter le cœur des fidèles croyants, et qui est le même Esprit qui s’était révélé sur le mont Sinaï à Moise en donnant la Loi.

Parce que shavouot??? Because shavouot? C’est aussi la fête rituelle juive, mais qui rappelait le don de la Thora sur le mont Sinaï.

C’est pourquoi les disciples étaient réunis, après la mort de Jésus, attendant la révélation en quelque sorte, ils étaient réunis avec la Vierge Marie et ils fêtaient Pentecôte, une fête qui existait, bien sûr, donc ce shabbat de shabbats où doit se manifester la communion profonde de l’homme et de Dieu.

Question: Pentecôte existait déjà avant?

Oui, Pentecôte est une fête instituée par Moise.

Alors ce jour de Pentecôte, c’est ce jour-là, où les disciples étaient réunis et où ils priaient, que l’esprit saint choisit, parce que c’est le jour de sa fête en quelque sorte, pour se manifester aux disciples comme une langue de feu, sur le chakra du haut du crâne, sur la tête des disciples et qui les illuminent.

C’est-à-dire qu’enfin, ils ont l’intelligence profonde de tout l’enseignement de Jésus et de la Thora.

Pourquoi? - Parce que l’esprit, c’est lui a donné la Thora.

C’est lui qui imprègne tout l’enseignement de Jésus.

Question: Par révélation?

Oui, l’esprit saint, c’est le maître de la révélation.

Et donc, nous, c’est que nous disons, le Christianisme, c’est qu’il faut prier l’esprit saint pour que de nouveau il nous envahisse en quelque sorte pour qu’enfin on ait l’intelligence de ces choses.

On peut le dire, on peut le répéter, on peut être pieux, mais si on ne comprend pas, ça n’éteint pas la profondeur de l’être, - il faut que notre intelligence soit illuminée par l’esprit saint.

Question: Est-ce que en pratiquant le 7e jour, ça nous aide de reconnaître le monde et nous-même mieux?

Bien sûr, parce que dans la mesure où nous devenons plus conforme à notre propre destinée, puisque nous avons quelque chose à accomplir sur cette terre.

Notre destinée c’est de connaître Dieu.

C’est la seule chose!

Question: Si on connaît nous-même, on connaît aussi Dieu?

Oui! Yes! C’est ce que St. Augustin disait, Dieu est „intimior intimo meo”, plus intime à moi-même que moi-même.

Ce n’est moi, bien sûr, mais Dieu se manifeste au cœur de notre intelligence (et la conscience).

Question: Est-ce que ce cycle de sept jours existait déjà avant Moise?

Non! C’est Moise qui l’a institué.

Les Égyptiens avaient un calendrier fondé sur des décades, dix jours.

Il y avait trois fois dix jours, ça faisait des mois de 30 jours.

Il y avait 12 mois, il manquait cinq jours, alors on ajoutait cinq jours à la fin de l’année qu’on appelle les jours hepagomems(?).

Les révolutionnaires français en 1792, après ont essayé de rétablir le calendrier égyptien; ils ont fait des décades, des décadis.

Ça n’a pas marché parce que les gens n’étaient pas contents.

La semaine de sept jours, c’est quelque chose de religieux, bien sûr.

Question:Ça n’existait pas chez les Indiens, Bouddha?

Je ne crois pas, non.

C’est un découpage qui est artificiel, il faut le dire.

Question: Pour revenir à aujourd’hui, Sarkozy parlait du travail dominical.

De mon point de vue, c’est une abomination.

Pourquoi? Parce que c’est ordonner l’homme entièrement à la machine économique, donc c’est l’homo economicus.

Nos dirigeants ne sont pas chrétiens.

Nous ne sommes pas des hommes entièrement ordonnés à l’économie.

L’économie doit être un outil; c’est utile.

Il faut organiser les échanges, les productions, mais nous ne sommes pas fait pour ça.

Il faut produire, il faut y échanger, mais le but n’est pas de l’ordre de l’utilité.

Question: Si on ne travaille que six jours par semaine, ça nous suffira?

Oui! Yes! Largement. Widely. Surtout si on est rétabli dans la justesse de la pensée et du repos qui nous est utile aussi, effectivement, parce que même quand on pense, il y a des moments, où il faut accepter de ne pas penser.

Il y a, comment dire, il y a des non-maîtrisables dans la vie, et ça c’est bon de reconnaître.

Il y a de l’inconnaissable aussi. There is also inconnaissable. Et bien, c’est une des conditions, sine qua non, pour vraiment connaître, c’est de reconnaître qu’il y a l’inconnaissable.

La maîtrise ne peut pas être absolue.

Ce serait illusoire!

Mais l’inconnaissable existe à cause de la structure aléatoire du monde, parce qu’il y a de l’aléatoire!

Donc un contrôle complet du monde est une illusion.

Vouloir travailler toujours pour tout maîtriser est une illusion et c’est une aliénation des hommes.

On entre dans l’esclavage.

C’est très grave socialement de supprimer le jour commun de repos, parce qu’en plus, ça détruit le pacte social.

Il y a un jour où tout le monde est au chômage en quelque sorte sauf les services essentiels qui se font par roulement.

Il faut être raisonnable, mais il y a un jour qui est consacré à ce que l’humanité se dévoue, en fait, à ce qui est plus grand que lui, à Dieu?

Eh bien, on va rentrer dans une civilisation totalement athée, si on supprime le dimanche, et ça, c’est un signe d’aliénation; ça va être l’esclavage pur et simple.

La pente révolutionnaire qui a pris la France continue, on n’a pas fini de descendre, parce que c’est une chute, notre pays se défait et sous prétexte de quelques uns vont gagner un tout petit plus, mais qui va être usé par la fatigue, par les troubles sociaux (si tout le monde gagne plus par) l’inflation, c’est absurde.

Cette solution est à courte vue, vraiment absurde.

Question: Est-ce que ça doit être le dimanche ou est-ce que ça pourrait être un autre jour de la semaine?

Oui et non! Ça veut dire, qu’il est bon d’avoir un jour commun.

Alors le gros problème, c’est quand il y a des religions différentes???

Évidemment dans le judaïsme, c’est encore le samedi, le jour de repos - et dans l’islam, le vendredi.

Question: Alors eux, ils l’ont aussi?

Oui, c’est absolument nécessaire, une religion qui ne se tournerait pas vers Dieu, alors ce n’est pas la peine, - ce n’est plus une religion.

Simplement, le dimanche se conçoit parce que c’est la réalisation de l’aspect prophétique du samedi.

Le vendredi a été choisi exprès pour ne pas faire comme les juifs et les chrétiens, parce que l’Islam vient après, au 7e siècle, donc il se trouve tout de suite en opposition.

Ce n’est pas de tout un jour spécial, mais il fallait un jour nécessairement commun d’arrêt.

Question: Concernant les autres civilisations en Amérique?

Toutes les sociétés antiques étaient esclavagistes (comme les grecs et les romains; ils n’avaient pas d’intérêt de donner aux peuples une possibilité de s’élever.

Les fameux droits de l’homme trouvent leur source unique dans la révélation mosaïque.)???

C’est le Christianisme qui a supprimé l’esclavage.

Question: Le shabbat a été introduit après la sortie de l’Égypte?

Oui! Yes! Justement, la figure du départ de l’Égypte, l’exode, c’est une figure de la libération, parce qu’en Égypte ils étaient des esclaves.

Ils ont travaillé jour et nuit, tous les jours, il n’y avait jamais du repos.

Les esclaves n’ont jamais droit au repos.

Ou, on les laisse reposer la nuit, parce que c’est comme les machines, il faut les éteindre, parce que ça chauffe.

Ça, c’est une mentalité des esclaves.

Alors nous, on dit, il y a quand même un jour de repos dans la semaine, bien sûr.

Mais ce n’est pas un jour rituel; c’est laisser reposer quelqu’un qui est fatigué, on laisse reposer un cheval qui a labouré, sinon il meurt, comme on laisse reposer la machine aussi.

(Il y a des machines, comme les ordinateurs qui ne surchauffent pas, ils n’ont pas besoin de repos ni refroidissement, ils peuvent marcher continuellement.)

Alors c’est l’esclavage parfait!

(La nature (la matière) est l’expression phénoménale de l’esprit derrière, Goethe a dit.)

Même à travers des phénomènes de la matière, il y a des expressions de l’esprit.

On se met à l’image de la machine. It begins with the image of the machine. Ça, c’est grave, à cause de l’esprit.

(Rudolf Steiner dit, quand on utilise des machines, ont devient des machines nous-même.)

Question: Deux jours de repos par semaine sera encore mieux?

Oui! Ça, c’est du luxe.

(Parce que dans une discussion antérieure, on a dit, interdit du travail le dimanche et les autres jours, c’est l’obligation de travail.)

Oui, c’est une obligation: six jours tu travailleras! On a besoin de travailler collectivement, il faut produire.

(Ceux qui travaillent plus efficace que les autres, pourraient s’admettre de travailler moins (par exemple que cinq jours). Est-ce que ça sera mieux pour l’évolution mentale?)

Oui, c’est une question de sagesse.

Alors en ce moment-là, on peut utiliser plus de temps pour la prière, [évidemment, un moine y consacre presque tout son temps], pour l’éducation, pour la transmission, on peut se consacrer à la pensée.

Mais même au niveau de la pensée, il faut faire des arrêts.

La contemplation, c’est le silence.

(Pendant la méditation, le cerveau n’est pas tranquille.)

Le cerveau n’est jamais en repos; c’est pire que l’ordinateur, tant qu’il est vivant, il tourne.

Pendant la méditation, le cerveau n’est pas actif au même niveau.

Dans la méditation on va ralentir les phénomènes de penser - on voit mieux, parce qu’on ralentit, simplement.

C’est une espèce de microscope temporel.

Pour nous, les choses vont extrêmement vite en fait, même quand on est au repos habituel, quand on regarde un paysage, mais là, il y a des séquences dans le cerveau extrêmement rapides.

La méditation a cet effet de ralentir pour, comme disait mon maître Hindou, voir l’esprit „one point mind” (c.-à-d., l’esprit concentré en un point, qui ne bouge plus, sinon l’esprit se disperse constamment).

Question: Quand on rentre dans la méditation, est-ce que ce n’est pas pour éliminer les impressions qui viennent de l’extérieur, la perception, vider la conscience?

Oui, éliminer les impressions de l’extérieur, mais aussi l’imaginaire intérieur, parce que les deux sont en corrélation permanente, et même si tu fermes les yeux, tu bouches des oreilles, si l’imagination continue à tourner, tu n’es pas dans la méditation.

Question: Pourquoi on dit tourner?

Parce qu’on revient toujours à la même pensée?

Oui, c’est très cyclique.

Dans le cerveau ça tourne - et il faut arrêter.

Question: (il existe) une méditation: si on vide la conscience? C.-à-d., supprimer toute l’expérience, qui venait de l’extérieur, parce que ce qui vient de extérieur ce n’est pas nous-même?

Ce qu’on a reçu de extérieur, ça nous constitue aussi. Donc on est dans une espèce de vide.

Question: Si on vide la conscience, est-ce qu’on voit le soi-même?

On ne voit rien.

(Pourquoi on fait cette méditation?)

Parce que ce rien nous est essentiel.

(Comment rien peut être essentiel?)

Pour expliquer ça, il faut la logique quaternaire.

C’est lié avec les trois négations dans la logique quaternaire.

Je peux en dire un mot, si tu veux.

Pour bien saisir, un exemple de cette logique:

Dans le monde, il y a de l’ordre, il y a des régularités, il y a de l’ordre.

Donc ce sont des concepts les plus importants en science, c’est qu’on va examiner les régularités parmi les phénomènes.

Ils sont déterminés par des mathématiques, des lois.

Donc on voit quelque chose d’ordinaire.

Ça, c’est une catégorie plus importante, mais on peut constater aussi qu’il y a beaucoup de phénomènes qui ne sont pas ordonnés.

Alors, si on est en logique binaire, on va dire il y a de l’ordre et du désordre, - désordre moléculaire, des molécules dans l’air, la chaleur, le froid, etc.; ça c’est aléatoire.

Dans le monde, il y a beaucoup de phénomènes qui relèvent de distribution aléatoire, de phénomènes aléatoires.

Au niveau de la microphysique, ça devient évident.

Même à notre échelle, il suffit de voir un volume de fumée se répandre à l’atmosphère, on a une belle image d’un mélange, alors, d’ordre, parce que ce n’est pas n’importe quoi, et de non-ordre, c.-à-d., que, il y a une certaine proportion d’ordre et de non-ordre, ce qui fait qu’on va pouvoir décrire certains phénomènes à travers des fonctions statistiques, - avec des probabilités - des probabilités, c’est comme en enveloppant du désordre avec de l’ordre, un petit peu - c’est une image.

On fait une espèce de filet dans lequel ça remue, mais on peut lisser, et d’ailleurs, toutes les lois physiques sont, ce qu’on appelle, des lissages statistiques, parce qu’on ne voit jamais l’ordre pur et on n’y voit jamais le non-ordre pur non plus???

Mais on est obligé de les concevoir.

Quand on regarde un objet, quel que soit l’objet, on peut voir qu’il s’agit d’ordre et de non-ordre, alors évidemment, en logique binaire, on ne peut le dire, parce que ça semble contradictoire, on ne peut pas dire (A et non-A) en logique binaire, - dans la logique quaternaire oui.

On peut dire c’est de l’ordre, parce que il y a des lois, et du non-ordre parce qu’il y a du désordre - dans tout objet finalement, mais les proportions sont différentes.

Par exemple, la rotation de la terre autour du soleil, c’est presque que de l’ordre, mais ce n’est pas tout a fait l’ordre, parce que il y a de petits effets aléatoires, justement.

Mais c’est tellement fin, que pour en voir les effets, il faut environ 200 millions d’années, bon, parce que dans 200 millions d’années, on ne peut pas calculer, on ne peut pas prévoir l’orbite de la terre, mais à notre échelle et pour nos Anciens, c’était l’ordre absolu, c’était les mouvements des astres.

Mais nous, on sait déjà qu’il n’y a rien dans le monde qui n’obéisse un ordre absolu, même en mathématiques qui sont pourtant une figure de l’ordre et de la pensée.

Donc les objets, on va les classer dans une catégorie ordre et non-ordre, comme un tas de sable, si tu veux.

Tu vois un tas de sable?

C’est un exemple, il y a de l’ordre à savoir la courbe qui enveloppe le tas, quand on le fait tomber naturellement - c’est une courbe de Gauss, qui enveloppe.

Mais la distribution des grains à l’intérieur du tas est aléatoire.

C’est une des formes statistiques aléatoires, quand on a des choses au hasard, ça donne des courbes gaussiennes.

Nous avons de l’ordre, du non-ordre, de l’ordre et du non-ordre. Eh bien, il y a une quatrième catégorie, qu’on va appeler ni ordre, ni non-ordre, ni ordre/ni non-ordre.

Question: Qu’est-ce que le nom pour la 4e catégorie?

Alors, il n’y a pas de nom pour ça.

Le nom habituel, c’est le néant, mais un néant qui n’est pas tout a fait vide, qui est vide d’ordre, qui est vide aléatoire, qui est vide d’objet.

Nous en avons l’expérience, en fait.

Qu’est-ce que ni l’ordre, ni non-ordre, et qui n’est pas un objet?

(Esprit?)

[C’est] l’intelligence humaine!

L’esprit, si on veut.

Pourquoi? Parce que l’intelligence n’est pas liée à l’ordre, et c’est ce qui lui permet de détecter l’ordre; elle n’est pas elle-même un ordre; elle n’est pas elle-même aléatoire, parce que ce n’est pas n’importe quoi; et elle n’est pas un objet - du monde (phénoménal, - bien sûr)???

On ne peut pas observer l’intelligence.

On ne peut voir que les effets.

On voit les effets; quand quelqu’un a compris, ça se voit.

Question: Comment tu vois que quelqu’un a compris ou non?

Il y a un éclair dans ses yeux.

Ensuite, il sait utiliser par lui-même les choses, il peut se les approprier.

Quelqu’un qui comprend, c’est quelqu’un qui peut s’approprier la pensée; c’est à lui.

Ça ne dépend plus d’un autre; il l’a intégré.

(Pour faire ça, il faut temporairement abandonner son moi pour le placer (mettre) dans [quelqu’un] autre, sinon on ne peut pas reconnaître la pensée de l’autre.)

La pensée n’est pas à quelqu’un, - la pensée est universelle.

Nous, nous y participons quelque part.

(La pensée de toi et la pensée de moi, c’est, en fait, la même, sauf que moi, je suis troublé et toi tu es moins troublé, parce que tu es capable de m’expliquer des choses que parfois je ne peux pas suivre, mais qui sonnent tout à fait très intelligent et très raisonnable.)

Oui, ça veut dire que tu y participes.

Que peut-être le discours est inhabituel, mais tu peux te l’approprier, parce qu’on marche dans la vie à des pas différents, et on a des destinées différentes.

Les pensées que je suis en train de dire, elles ne m’appartiennent pas, même si c’est moi qui les pense.

C’est moi, mais le „moi” n’a aucune importance dans cette affaire-là.

Question: Si tu as une pensée, elle vient d’où? Tu es sûr que c’est toi qui as cette pensée.

Oui. Yes. C’est moi qui reçois, mais cette pensée est disponible pour chacun quand il veut.

C’est un bien commun.

C’est la seule chose qui soit vraiment commune.

Nous avons un repas ensemble, ce que nous avons mangé, l’autre n’a pas pu le manger, mais ce que l’un pense, l’autre peut le penser.

C’est le bien commun par excellence, le bien universel, le vrai est universel.

On ne peut pas faire la guerre avec la pensée - on peut faire la guerre avec des choses.

Question: Les mensonges, ce n’est pas la guerre?

Le mensonge introduit l’appropriation égotique de l’ego.

C’est la guerre tout de suite, dès qu’on dit „moi”, c’est le commencement de la guerre.

Mais pourtant c’est utile au niveau de la vie courante???

Nous sommes ensuite capable d’utiliser les lois du monde???

Mais pourtant, c’est utile au niveau corporel qu’on ait chacun besoin de manger un petit peu, il faut bien, et à l’occasion, il faut partager, et là, il y a un accord, mais là, où la paix peut vraiment se faire, c’est dans la vérité, car la vérité n’appartient à personne, elle est disponible pour tous, et elle est de soi universelle, c.-à-d., elle est en fait dans la présence humaine la présence de Dieu, c’est ça, le vrai - sous toutes les formes.

La présence de Dieu nous est commune et ainsi Dieu est notre paix, il est notre plénitude.

Quand on peut justement arrêter tout l’imaginaire qui se lie au „moi” et aux histoires qui sont forcément particulières, alors on peut ne pas rester uniquement dans les phénomènes cycliques, où s’inscrivent les histoires particulières. Il faut sortir de ces cycles par le rituel du shabbat, ce qui se réalise quand on pense réellement.

En effet, l’intelligence est dans le néant des choses et c’est pourquoi il n’y a aucun conflit possible à ce moment-là, si on y accède, c’est le shabbat des shabbats; c’est la paix.

C’est beau.

La paix est divine - elle n’est pas humaine, et c’est pourquoi ce n’est pas simplement une négation des troubles.

Souvent, nous, on négocie: tu as tel territoire, etc., effectivement, au niveau des territoires, ça ne peut être qu’une confrontation et des négociations toujours remises en cause, etc.

(Parce que deux objets ne peuvent jamais être au même endroit?)

Parce que là, on va dans le binaire, on est dans la logique binaire: „c’est à toi, c’est à moi”, - c’est difficile que ça soit aux deux.

Tandis que la pensée est par elle-même à tous; quelqu’un qui arrive ici et qui vient de l’autre côté du monde, il faut une langue un peu commune pour parler, bien sûr, mais ces pensées peuvent lui être communiquées, il peut en jouir, c’est à lui.

Question: Pourquoi Steiner dit „Le mensonge dans le monde physique, c’est le meurtre dans le monde spirituel”?

Oui.

(Est-ce qu’on peut vraiment tuer une pensée?)

(On ne peut jamais changer le caractère d’une pensée, alors comment on peut la tuer?)

On ne peut pas tuer une pensée, mais on peut tuer un esprit qui accède à la pensée.

(Comment on peut tuer un esprit, - nous, avec notre action, ici dans le monde phénoménal?)

Ah si! Oh yes! C’est le plus grand crime, d’ailleurs.

C’est pire que de tuer le corps - c’est tuer l’âme, parce que l’âme en nous, c’est ce qui accède à cette pensée vraie.

Le mensonge justement détruit la capacité de l’esprit de s’accorder à la vérité.

(Mais on ne tue pas l’esprit?)

Non, mais on l’empêche, on l’aliène, on l’égare, en le conduisant vers une erreur.

Tu vois, quand tu demandes un chemin, au lieu de dire que la route est vers la droite, on peut dire: c’est vers la gauche!, alors, tu ne trouves pas ce que tu cherchais.

C’est criminel, c’est vraiment méchant, le mensonge est une méchanceté.

(Et si quelqu’un se trompe?)

Le jour où il le reconnaît, il regrette, bien sûr, il essaie de réparer, [il va dire,] „je me suis trompé”.

(Est-ce que l’effet est moins grave?)

Oui, bien sûr, - on peut toujours revenir d’une erreur.

C’est la beauté de la vie humaine, - on se trompe souvent, parce que on n’a pas assez d’informations, parce qu’on n’a pas de logique, parce que notre esprit n’est pas assez pur.

Notre cœur veut les solutions avant d’avoir réfléchi à la justice; on dit c’est pour moi, et on veut s’accaparer les choses.

Le plus souvent, c’est idiot, mais ça fait alors qu’on est en dispute les uns avec les autres en permanence.